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Le Blog Littéraire

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" La liseuse " de Fragonard

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Avertissement au lecteur qui se risque en ces lieux !
Bienvenue sur mon blog entièrement dédié à l'une de mes passions, les livres. C’est une façon pour moi de garder une trace de mes lectures mais aussi de les partager avec d’autres passionnés et d’échanger des impressions et avis que je souhaite constructifs. 
Bien sûr, mes avis sont personnels et n'engagent que moi.
Bonne balade chez Laetitia la liseuse.

26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 13:12

Editions Julliard - Mai 2009 - 144 pages undefined
 
Présentation de l'éditeur : Nul n’est à l’abri de l’abominable. Nous sommes tous capables du pire ! Le 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune périgourdin, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin. C’est un jeune homme plaisant, aimable et intelligent. Il compte acheter une génisse pour une voisine indigente et trouver un couvreur pour réparer le toit de la grange d’un voisin sans ressources. Il veut également profiter de l’occasion pour promouvoir son projet d’assainissement des marais de la région. Il arrive à quatorze heures à l’entrée de la foire. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l’aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Comment une telle horreur est-elle possible ? ...
 

Jean Teulé reconstitue dans Mangez-le si vous voulez l’un des plus sordides faits divers français du XIXè siècle. Une simple journée d’été de 1870, placée sous le signe de l’entraide et qui pourtant va basculer dans l’horreur absolue. Les faits s’enchaînent ce jour-là si brusquement, que cette virée à la foire de Hautefaye se transforme en chemin de croix pour Alain de Monèys, jeune homme pourtant si avenant. La chaleur de ce mois d’août est accablante pour les corps comme pour les esprits. La sècheresse fait des ravages. La guerre contre la Prusse achève de plomber l’ambiance et de miner le peuple. Et c’est un malheureux malentendu qui va enflammer tout un village. La foule, devenue hystérique, abat toute sa frustration sur le pauvre de Monèys. Pas de pitié pour le lecteur qui devient malgré lui le spectateur impuissant de cet acte d’une sauvagerie extrême. Comment pareille barbarie est-elle possible, se demande-t-il ? Pas de réelle réponse mais seulement une longue réflexion à venir.

  
Jean Teulé débute chaque chapitre par le plan du village afin de mieux situer l’action ou le calvaire, c’est selon. Il ne se prive d’aucuns détails pour montrer toute l’horreur des faits - à un point tel que la nausée n’est jamais bien loin -. Bien sûr, l’auteur tente de dédramatiser la situation en plaçant quelques conversations assez délirantes comme il sait si bien le faire (Voir Le Montespan). Alors oui, c’est un roman bien écrit, bien rythmé donc difficile à lâcher. Jean Teulé est redoutable dans ses descriptions, dans sa volonté d’atteindre le lecteur. Mais n’aurait-il pas pu profiter de ce terrible fait divers se déroulant dans une période de guerre pour évoquer plus en avant l’histoire de France et de ses ruraux ? Malgré cette petite déception, v
oilà un court roman qui en dit long sur la nature humaine.
 
Retrouvez d'autres avis chez
Blog-o-book que je remercie pour l'envoi de ce livre.

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 15:35

Il y a peu, Happyfew et Chiffonnette lançaient les harlequinades 2009. Elles nous offraient ainsi l’opportunité de réaliser une étude approfondie des mœurs de notre société passée ou actuelle en choisissant le roman harlequin de notre choix. Sachez qu'il existe dans le  roman d'amour,  pléthore de sous-genres.
 
Depuis les billets doux pleuvent ! J’ai bien ri en lisant les chroniques de lectrices rouges de confusion en passant à la caisse, tentant vainement de cacher LA fameuse couverture qui en dit long sur l'intrigue.
 
Pour ma part, j’ai pioché dans ma bibliothèque, un livre volé à ma mère et dévoré en cachette il y a une dizaine d’années. J’étais curieuse de savoir si mon regard - de l’ado à l’adulte - allait beaucoup changer.
 



 Editions France Loisirs - 1988 - Romance historique
 
Présentation de l'éditeur : Entre Christopher Seton et Erienne Fleming, la rencontre fut brève, passionnée, inoubliable... Et pourtant Erienne doit oublier : demain, son père, le maire de Mawbry, la met aux enchères. Oui, le plus offrant sera son mari. M. Fleming a des dettes de jeu à honorer et dans l'Angleterre du XVIIIe siècle pareille pratique est admise... C'est Lord Saxton qui l'emporte. On le croyait mort et le voici qui réapparaît, corps difforme, visage masqué de cuir. Erienne ne peut que se soumettre. Malgré sa répulsion, elle est bientôt touchée par la tendresse délicate de ce mari inconnu puis, dans l'ombre de l'alcôve, plus intimement troublée. D'étranges souvenirs assaillent son corps et son cœur... Quel est donc le secret de Lord Saxton ?
 

Ecrit en 1982, cette relecture de la belle et la bête n’a pas trop pris de rides au final.  Comme dans une grande majorité des romances historiques, notre héroïne est on ne peut plus indépendante, fière, n’hésitant pas à donner son avis là où on ne l’attend pas, faisant des choix qui souvent agacent ces messieurs. Bref, une femme en avance sur son temps, ce qui en cette fin de siècle des lumières n’est pas de bon goût. Erienne est la victime toute désignée de son père qui, pour se hisser dans la haute société britannique, est prêt à tous les sacrifices. Comprenez bien que criblé de dettes, Avery Fleming peut bien vendre aux enchères la chair de sa chair, allons donc ! Et tant pis, si l’acquéreur est vieux, hideux et sans retenue pourvu qu’il ait une bourse bien garnie. Un vrai défilé de mode ! Poor Erienne.
 
Le plus offrant n’est autre que Lord Stuart Saxton, un homme masqué de retour d’entre les morts. Erienne doit accepter son sort mais surtout oublier Christopher Seton pour qui elle entretient des sentiments troubles. Mais ce dernier est un homme de ressources. Elle sera sienne. Tous les coups sont permis. N’en déplaise au papounet. Cette romance débute d’ailleurs par un malentendu qui place l’intrigue sous le signe des joutes verbales, quiproquos et autres guéguerres entre protagonistes. C’est assez cocasse et bourré de clichés mais le procédé fonctionne très bien. On frissonne de concert et de plaisir avec Erienne quand celle-ci pose ses yeux d’un feu couleur d’améthyste sur l’arrogant mais diablement séduisant Christopher Seton - toujours au bon endroit et au bon moment quand il est question de sa belle -, et on frissonne de peur en croisant l’inquiétante silhouette de Lord Saxton, traînant derrière lui bien des secrets appelant à la vengeance.
 

Alors oui, Une rose en hiver manque quelque peu de suspense du fait d’une intrigue plus que prévisible. La trame, toute classique, reprend encore une fois le schéma de la pauvre demoiselle vendue contre des pièces sonnantes et trébuchantes. Christopher comme Lord Saxton noient leur dulcinée sous une avalanche de "comme t'y est belle" jusqu'à l'overdose. Si on le sais pas, on le saura jamais !  Côté galipettes, une chose est sûre, Kathleen E. Woodiwiss n’aime pas s’attarder sur les scènes d’amour qui sont très brèves mais toutefois explicites. La scène du carrosse le prouve ! Chaud devant. 
 
Hormis ces quelques points malheureux, ce récit offre une palette de personnages intéressants de par leur évolution et les liens qu’ils nouent entre eux. Le trio amoureux que forme Erienne/Christopher/Stuart est assez complexe puisque naît sur une succession de préjugés. Le frère d’Erienne ne peut qu’émouvoir par son parcours autant physique que psychologique. Il est l’image même du vilain petit canard. Autre point intéressant, bien que secondaires, les faits historiques sont abordés tout comme les préoccupations quotidiennes du XVIIIème siècle. Le masque est tombé, il est vrai, assez tard mais cela a pu permettre de nombreuses et séduisantes péripéties jusqu’au dénouement final. Pour conclure, voilà une romance à l’écriture fine et au rythme haletant. Bonne pioche !


Conclusion, ais-je envie de poursuivre l’aventure harlequinesque ? Pas tant que ça !

Je m’aperçois qu’adolescente, j’étais très friande de ce type de lecture. Je piquais les Danièle Steel et les romances historiques à ma mère. Peut-être qu’il existe des passages dans notre vie qui nous incitent plus à les lire. Des sortes d’étapes initiatiques ou existentielles. Qu’en dites-vous ?

 
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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 10:51

Puisque j'ai réussi à éveiller votre curiosité avec L'or du forgeron - le roman de l'été ? -, je vous propose de découvrir en 7 questions son auteur Jean-Michel Thibaux. A présent, je comprends pourquoi ce provençal en sait autant sur la sorcellerie (voir question 5) ou pourquoi il connaît si bien l'histoire avec un grand H (question 3).
 
Je compte déjà 7 de ses titres dans ma bibliothèque et mon petit doigt me dit qu'un 8ème va bientôt s'y glisser (voir question 7).
 
Je remercie Jean-Michel Thibaux d'avoir prie le temps de répondre à mes questions que vous trouverez ci-dessous :

 
 
 1. Vous avez un parcours très atypique, puisqu'après une longue carrière dans la Marine nationale puis au ministère de la Défense que vous quittez, vous vous consacrez pleinement à l'écriture. Comment est née cette passion qui vous a poussé à prendre la plume ?

  
Ma passion de l'écriture est tardive. Elle a été soudaine. J'ai tracé ma première ligne le 1er août 1978 à 8 heures cinq du matin. J'entamais ainsi mon roman "Les âmes brûlantes" après avoir perdu plusieurs de mes camarades au Liban et en Irak. Les guerres m'ont emmené à réfléchir sur les conflits d'antan et en composant mon roman sur la  première croisade, je n'ai fait que traduire mes peurs et mes rapports avec la mort.

  
2. Vous venez de publier dans la collection Terres de France aux éditions Les Presses de la cité, L’or du forgeron ? Comment est né l’idée de ce roman ?

  
D'abord un scoop. Les trente auteurs de Terre de France quittent la collection et les Presses de la Cité pour suivre Jeannine Balland Chez Calman-Levy. Une nouvelle collection va naître. L'or du Forgeron est né de la volonté de mes lecteurs qui me suppliaient de livrer de nouveaux secrets sur la Sainte-Baume. De plus j'avais envie de creuser plus profond dans cette terre que j'ai maintes fois explorée.

  
3. La Provence et ses traditions sont des thèmes fort courants dans vos écrits. Est-ce une façon pour vous de renouer avec vos origines varoises ? de perpétuer des valeurs qui aujourd’hui ont tendance à se perdre ? de redonner vie à des métiers disparus, je pense notamment aux glaciers ?

  
Lorsque j'enseignais (J'ai remplacé un prof de la Sorbone à l'école Supérieure des Arts et Communications pendant trois ans) l'histoire des peuples antiques (voir mon site
www.peuplesantiques.com ), je disais à mes étudiants : "Si vous voulez maîtriser votre avenir, ayez une profonde connaissance du passé et de vos racines". C'est dans ce sens là qu'il faut lire mes romans sur la  terre. Je ne voulais pas que la mémoire se perde, qu'on oublie nos pauvres ancêtres qui se sont saignés afin que nous puissions vivre.

  
4. Le village de Signes niché au pied de la Saint-Baume est un véritable personnage dans votre roman. Vous n’hésitez pas à raconter son histoire dès que l’occasion s’en présente : sa construction au XIIème siècle, la Croisade menée par les frères Geoffroy et Guigo de Signes, l’assassinat d’un évêque par les Signois en 1603… Pourquoi lui avoir donné une telle place ?

  
Signes est le village où j'ai rencontré mon épouse. C'est aussi un lieu maudit, riche en évènements. Aujourd'hui encore, des sorcières y vivent. Les haines sont tenaces et les passions exacerbées. il suffit de se rendre à la fête des bravadiers qui dure une semaine pour prendre la mesure des forces cachées, de la violence contenue dans les traditions, du poids de l'histoire. Il y a de la matière romanesque à profusion. Je vais me pencher à nouveau sur le moyen âge de ce terroir et pondre quelques centaines de pages sous le titre : La Fille du Templier. Je n'en dis pas plus.

  
5. Vos intrigues provençales convoquent à nouveau des croyances ancestrales.
La sorcellerie, les superstitions et les craintes qui en découlent sont très présentes. D’où vient cet intérêt ?

  
Cet intérêt n'est pas né de mes recherches ; il trouve sa source dans ma petite enfance. J'ai été élevé par des bergères corses qui pratiquaient la sorcellerie. Je ne suis pas un provençal de souche, mon assemblage génétique est fait d'atomes corses, champenois et prussien.

  
6. La fin de L’or du forgeron est très ouverte, cela annonce-t-il une suite ? Ou peut-être reverrons-nous certains des personnages dans de nouvelles histoires ?

  
C'est fort possible, mais avant de retrouver les personnages et l'Or des Templiers, je me dois d'écrire sur la Sainte-Victoire.

  
7. Votre prochain livre La malédiction de l’Ankou paraîtra chez Anne Carrière. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

  
La Malédiction de l'Ankou, (écrit avec mon ami Jean-Pierre Paumier) roman en deux parties qui seront publiées en Mars, puis Avril 2010 chez Anne Carrière est certainement le plus puissant de tous mes romans. L'Ankou, le valet de la Mort, chez les Celtes, y joue un grand rôle, d'autant plus grand que l'histoire se déroule pendant la guerre 14/18. Il y aura certes des chapîtres sur cette guerre épique, mais aussi des passages terrifiants, tendres, étranges montrant la Bretagne... Justin, héro provençal, va se retrouver dans le 74ème régiment des Bretons et être confronté à une culture et des mentalités opposées aux siennes. L'Ankou le poursuivra sur tous les champs de bataille. Roman étrange en effet : dans le tome II, apparaîtra Bérenger Saunière, le curé de Rennes-le-Château et on parlera à nouveau de trésor et du Diable.

Liste des écrivains interviewés :
 
-
Jean-Pierre Paumier (Les pîtres selon Luc)

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 16:18

Dans mes notes de lectures, il est souvent question de Bretagne, de légendes, de traditions, d'histoire. J'avoue avoir un faible pour le mystère et les anciennes croyances de ce coin de France. Et pourtant, à l'opposé, en Provence où j'habite, il y a tout autant à découvrir. Je vous propose cette fois-ci un roman provençal se déroulant en 1880 à Signes, petit village au pied de la Sainte-Baume. Sorcières, chevalier du temple, paysans, artisans et nobles sont de sortie ! Si vous vous demandez dans quel genre classer ce roman, voilà la réponse éclairée de son auteur : "Mon roman est inclassable. Il se rapproche du roman historique par bien des aspects, mais il tire surtout sa force des profondeurs de la Terre. Presque de l'héroic fantasy avec les sorcières et la magie noire... Bref, mes héros pourraient apparaître dans le Seigneur des Anneaux ou Manon des Sources." A suivre dans un prochain billet, une interview que m'a accordée l'auteur

 
L'or du forgeronEditions Presses de la cité - Terres de France - Juin 2009 - 276 pages
 

Présentation de l'éditeur : En 1880, à Signes, en Provence, un jeune forgeron est au centre de toutes les passions en raison de ses origines et d'un trésor... André Métral, apprenti forgeron, reste aux yeux de tous, sauf ceux d'Amélie, la jolie épicière, un bâtard. Son père, un riche aristocrate, ne l'a jamais reconnu. Un jour, alors que les Signois assistent à une procession, les trois sorcières de Signes la Noire, interpellent André : « Toi le bâtard, il y a la croix de Saint-Jean d'Acre sur ton front. Prends garde au trésor ! Il est fait d'un or trempé de sang ! » André ne sait pas encore que l'étrange chevalier Othon, gardien du secret du trésor des Templiers, veut faire de lui son unique légataire...
 

Quelques lignes : "Le monde invisible tant redouté s’était matérialisé près de la fontaine aux Gargouilles. Bien qu’il n’entende pas prononcer le mot « sorcières », André savait que tous l’avaient sur le bout de la langue. Suivant le curé avec les autres porteurs, il se retrouva près de la fontaine. De tous les lieux de la régions connus par les ésotéristes, les exorcistes et les occultistes, ce monument classé maléfique par le Vatican était le plus célèbre."

  
Jean-Michel Thibaux revient dans L’or du forgeron révéler quelques secrets enfouis au cœur de la Provence, sa muse d’inspiration. Outre une galerie de protagonistes riches et variés, le village de Signes est un personnage à lui tout seul. Fort d’une histoire chargée de moult évènements - Guerres, assassinats, sorcellerie, résistance, coutumes séculaires etc. -, Signes est évoqué, avec une solide connaissance de la part de l’auteur, sous toutes les coutures. Une fusion parfaite entre Histoire et fiction. Une porte ouverte sur le passé que le lecteur ne peut que franchir tant l’intérêt est grand pour la vie du jeune André.
Comment un simple forgeron, bâtard de surcroît va devenir un homme d’importance malgré la haine et le mépris d’une communauté ? C’est à une quête initiatique faite d'aventures et de dangers que nous convie Jean-Michel Thibaux. Malgré un dénouement abrupt laissant présager de nouvelles péripéties templières - entre autre -, voilà une lecture idéale en cette saison qui unit habilement passé historique, forces occultes, intrigue amoureuse et quête d'identité.



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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 13:15

Les naufragés de l'île TromelinEditeur Michel Lafon - Roman historique - Février 2009 - 320 pages
 
Présentation de l'éditeur : En 1761, un navire français s’échoue sur un îlot perdu de l’océan Indien. Il transporte cent soixante esclaves. Pour survivre, rescapés blancs et noirs doivent cohabiter. Un officier veut construire une chaloupe. Les marins refusent de l’aider. Les esclaves acceptent. Leur dignité force le respect des Blancs. Mais au moment du départ, on ne les embarque pas. Quinze ans plus tard, quand le bruit de ce forfait a couru tous les ports, on revient les chercher. Il ne reste que sept femmes et un enfant. À partir des archives maritimes, des fouilles archéologiques et d’un séjour sur l’île, Irène Frain raconte ce chapitre méconnu des droits de l’Homme, qui a conduit les consciences à l’abolition de l’esclavage.
 
Quelques lignes : "L'île est le sommet émergé d'un vieux volcan sous-marin. Il s'est éteint il y a des millénaires. La lave a bouché l'orifice de sa cheminée. Comme il se trouvait à fleur d'eau, les coraux l'ont vite colonisé. Sous les vagues, les pentes du volcan sont très raides. À deux encablures de l'île, l'abîme commence. Et les grandes houles, les courants sans fin. Il faut vraiment jouer de malchance pour se retrouver sur ce bloc de corail cerné par les déferlantes. Ou n'avoir peur de rien.""

Impensable et pourtant, ce récit que nous livre l’écrivain Irène Frain est issu d’un formidable travail de recherches dans les archives françaises puis sur le terrain, à la rencontre de celle qui accueillit les naufragés de l’Utile quinze années durant : l’île de Sable. Comme le dit l’auteur elle-même : "C’est un roman vrai. Un docu-fiction. J’ai une analyse de romancière, pas d’archéologue. Je tenais à rester au plus près des archives." (Source : Le Télégramme). Les naufragés de l’île Tromelin relate le naufrage du navire de commerce français L’Utile sur les récifs de l’îlot, long d’environ 1 700 m. C’était un été de l'année 1761. Ce qui se passa par la suite apporte un éclairage saisissant sur les mentalités françaises alors en vigueur.
 
Malgré la promesse qui fut faite par le premier lieutenant Castellan de revenir chercher les esclaves malgaches, il faudra attendre plus d’une décennie - le temps faisant son œuvre - avant qu’une corvette La Dauphine récupère enfin les huit rescapés. Un drame qui contribua certainement à l’abolition de l’esclavage le 4 février 1794.
 
Point de romanesque dans ces pages, juste une vérité criante, une injustice qui imprègne un peu plus chaque chapitre jusqu’au dénouement final. Difficile de ce fait, d’entrer de plein pied dans cette histoire mais passé le cap de la centaine de page, le destin de ces hommes et de ces femmes ne laisse plus indifférent. Pour clôre ce fait historique, Max Guérout propose une postface instructive sur la mission archéologique de Tromelin.


Un grand merci aux éditions Michel Lafon et à Suzanne de Chez les filles pour cette découverte historique qui restera dans les mémoires ! dans la mienne en tout cas grâce au travail d'Irène Frain et de Max Guérout.
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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 12:31

La Danseuse sacréeEditions Presses de la Cité - Grands Romans - Août 2008 - 302 pages
 
Présentation de l'éditeur : 1844, l'Inde sous domination britannique. Fuyant sa famille qui veut la réduire à l'esclavage, Amiya (la « délicieuse »), recueillie par la sorcière Trois-Yeux, est destinée à devenir une devadâsî, une danseuse sacrée (c'est à dire une prostituée sacrée) pour le bon plaisir du raja de Bénarès.
 
Par chance, Michel Casenove, aventurier nomade et sa compagne Hiral qui fut la plus grande danseuse sacrée de son époque, vont chercher à sauver la fillette et à l'adopter...
 
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Quelques lignes
 : "Il aurait pu être en train de se prélasser dans un bassin aux eaux parfumées, ou de se délecter des mets les plus exquis et des vins les plus fins dans des jardins aux senteurs exotiques ; il aurait pu être entre les bras de la femme qu'il aimait... Non, Michel Casenove se trouvait sur une piste poudreuse, planqué derrière un rocher, le fusil à la main, en compagnie de ses hommes disséminés autour de lui. Au loin, les sommets bleuissants des montagnes pakistanaises déchiquetaient un ciel sans nuages. Le reste du paysage n'était que ravines, éboulis, rus à sec. Un endroit idéal pour s'embusquer. Michel releva son arme en voyant surgir Dhama, son second."
 
Connu entre autres pour ses romans provençaux, Jean-Michel Thibaux explore cette fois-ci un lointain pays. L’Inde, terre de traditions, de magie et de croyances ancestrales. C’est à travers le jeune regard d’Amiya que le lecteur découvre le destin bouleversant des petites indiennes. Sa vie bascule le jour où son père décède et que, pour perpétuer une ancienne tradition, l’épouse est condamnée à périr sur le bûcher funéraire. Martyrisée par sa belle-sœur qui est devenue la maîtresse de maison, Amiya n’a d’autres choix que de fuir pour éviter un mariage forcé. Sa rencontre avec des personnages tels que la sorcière Trois-Yeux, le Raja de Bénarès et enfin le couple Michel Casenove et sa belle danseuse sacrée Hiral, lui ouvrira des portes jusque là encore inconnues.

 
En 1844, l’Inde est sous le joug des anglais. L’auteur raconte la conquête du Sud et de la vallée du Gange. Son personnage français, Michel Casenove, est le témoin de cette guerre entre anglais et Sikhs, peuple du Nord bien décidé à repousser l’envahisseur. C’est un récit qui dépayse par son côté aventure et qui est tout autant enrichissant pour sa partie historique. Le monde fascinant des danseuses sacrées est au cœur de cette histoire et saura envoûter nombre de lecteurs. La fin est frustrante car elle laisse présager de nouvelles aventures pour Amiya, Michel et Hiral que l’on abandonne à regret…

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 19:09

 Terreur

Editions Robert Laffont - Semptembre 2008 - 720 pages  coeur-chouette.gif
 
Présentation de l’éditeur
 : Au milieu du XIXe siècle, deux navires de la Marine royale anglaise et leurs cent vingt-neuf hommes d’équipage, commandés par l’orgueilleux Sir John Franklin et son second, le capitaine Francis Crozier, s’engagent dans les eaux de l’Arctique afin de découvrir le mythique passage du Nord-Ouest qui assurerait à l’Empire britannique une domination totale des mers. L’entreprise tourne toutefois au désastre quand l’Erebus et le Terror sont faits prisonniers des glaces, puis lorsque Sir John meurt dans des circonstances dramatiques. Crozier hérite alors d’une expédition en péril, exposée en permanence aux morsures d’un froid extrême, à la faim et à la maladie. L’équipage est en outre assailli par une mystérieuse créature qui transforme la vie à bord en cauchemar. Quel est donc ce monstre polaire aux longues griffes acérées qui massacre l’un après l’autre les marins de l’expédition ? Quel lien l’unit à Silence, jeune Inuit à la langue coupée recueillie par le capitaine Crozier, en qui l’équipage voit une sorcière ? Bientôt une mutinerie éclate, poussant le capitaine à conduire ses hommes sur la terre ferme… sans savoir que ce qui les attend est pire encore...

 
L’histoire de l’expédition Franklin passionna autant qu’elle stupéfia l’Angleterre victorienne. La mise au jour récente de plusieurs tombes, permettant de conclure à des actes de cannibalisme, n’a fait qu’ajouter au mystère et ne pouvait que stimuler l’imagination de Dan Simmons… Entre horreur et fantastique, Terreur mêle avec virtuosité tous les genres, offre des scènes de chamanisme saisissantes et donne tour à tour la parole aux principaux acteurs de la tragédie en train de s’écrire. Dan Simmons invite ainsi le lecteur à tourner, de plus en plus fébrilement, les pages de ce sombre et grandiose récit.

Mon avis
 : Familier des récits de science-fiction et d’horreur, Dan Simmons s’essaye cette fois-ci au roman historique. Terreur est un savant mélange d’aventure et de fantastique très efficace. Tiré d’un fait réel - la disparition de l’expédition du commandant John Franklin dans les eaux de l’Arctique, l’auteur relate sa version toute personnelle de ce drame qui ne cesse encore aujourd’hui de fasciner. Le lecteur se verra diriger, à la fin du livre, vers une longue bibliographie consacrée à cette tragédie. Redoutable huit-clos, Terreur nous précipite dans un long cauchemar qui ne semble avoir aucune fin, quand lors de l’hiver 1845, le HMS Terror et le HMS Erebus sont prisonniers des glaces. Les 129 hommes et officiers devront dès lors, affronter nombre de dangers dont le froid, la faim, la maladie mais plus que tout, un prédateur polaire au regard de démon. Cette créature qui semble issue de la mythologie inuit rôde autour de leur prison de glace et traque les survivants avec une patience démoniaque. Et ce n’est pas cette jeune inuit, surnommée Lady Silence - secourue par les marins du Terror -, qui les éclairera sur LA chose.
  

 
Mais le fait est, que, dans cet enfer blanc, l’homme reste pour lui-même son pire ennemi. Les conditions de vie se détériorant peu à peu, la discipline est mise à mal, les mutineries menacent, la folie gangrène inexorablement les hommes et les conséquences en seront dramatiques. La personnalité de ces nombreux personnages est parfaitement cernée par l’auteur qui ne manque pas de leur laisser la parole. Chaque chapitre alterne les points de vue ou les souvenirs des protagonistes. Tour à tour, Sir John Franklin, le capitaine Fitzjames et son confrère du HMS Terror, le capitaine Crozier, le Dr Goodsir et bien d’autres retracent avec souffle ce drame historique. La peur qui les gagne un peu plus chaque jour est bien réelle et devient même contagieuse pour le lecteur. Le climat qui règne dans ces pages prend peu à peu de l’ampleur à l’instar du suspense qui tient en haleine le lecteur jusqu’à la dernière page malgré un contexte historique et une fin connus. Grâce à un travail de documentation pointu, Dan Simmons nous fait partager le quotidien de ses hommes isolés du monde.

 
Terreur se révèle être un pavé fascinant, qui ne laisse pas de glace et dont le rythme lent s’ajuste habilement avec ces longues années perdues à jamais dans les glaces de l’Arctique ! Lecteurs, je vous dis bon vent à bord du Terror…
 
Ma note :
 
D'autres avis chez Cuné , BiblioManu et Martlet.

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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 01:56
Le Montespan

Editions Julliard - Mars 2008 - 352 pages

Présentation de l’éditeur
 : En 1663, Louis-Henri de Montespan, jeune marquis désargenté, épouse la somptueuse Françoise « Athénaïs » de Rochechouart. Lorsque cette dernière accède à la charge de dame de compagnie de la reine, ses charmes ne tardent pas à éblouir le monarque – à qui nulle femme ne saurait résister. D’époux comblé, le Montespan devient alors la risée des courtisans. Désormais, et jusqu’à la fin de ses jours, il n’aura de cesse de braver l’autorité de Louis XIV et d’exiger de lui qu’il lui rende sa femme.



Mon avis
 : L’histoire a tendance à privilégier Madame de Montespan, célèbre favorite du roi Louis XIV. Jean Teulé, lui, s’intéresse de près à son époux, Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan. Personnage haut en couleur, le Montespan privé de son épouse Françoise - baptisée Athénaïs à Versailles – n’aura de cesse de défier par tous les moyens possibles et inimaginables le roi de France. Mais que peut bien faire un mari trompé et endetté pour retrouver l’amour de sa vie et son honneur bafoué ? C’est là que réside tout l’attrait du roman car Jean Teulé n’est pas avare d’anecdotes croustillantes, parfois exagérées et grivoises mais toujours dans le souci des faits historiques. Quant à Athénaïs dont les fastes de la Cour lui font touner la tête - "Versailles est un pays effroyable et il n'y a pas de tête qui n'y tourne. La cour change les meilleurs." - elle se montre vite ambitieuse et intriguante. Malgré les humiliations qu’elle lui inflige, le marquis ne cessera jamais de l’aimer et de signer toutes ses lettres «Marquis de Montespan, époux séparé quoique inséparable».

Autour de cette histoire, c’est toute une époque qui prend vie. Le roi et ses frasques, la Cour et ses fastes, le peuple et sa misère. Jean Teulé y dépeint, entre autres, avec beaucoup d’humour et d’ironie ces courtisans qui sous des couches de poudres tentent de cacher leur vérole et autres imperfections plus que douteuses. L’auteur raconte de manière truculente les malheurs du Montespan tout en faisant de lui le héros de cette biographie romancée. Sa plume sait se faire bien souvent cocasse, crue - les mœurs de ce siècle très libertin s’y prêtent fort bien - mais tout autant poétique et sensible. Je vous invite vivement à lire la révolte du plus célèbre cocu de France.

Ma note
:

Elles l'ont aussi lu : Alwenn, Yspaddaden, Nina, Loutarwen et Dasola.

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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 14:24
Le Chant des sorcières, Tome 1

Editions XO - Tome I - Mars 2008 - 384 pages

Présentation de l’éditeur
 : 1483, dans les hauteurs du Vercors. Non loin du château de Sassenage, la toute jeune Algonde, fille de l’intendante, se débat en vain pour échapper au torrent dans lequel elle est tombée. Malgré ses efforts, elle est emportée sous la montagne qu’on dit hantée par la fée Mélusine. Tous la croient perdue et pourtant, le torrent la rejette. On la retrouve sur une berge, blanche et glacée mais vivante. Comment a-t-elle survécu, nul ne le sait. Sous le choc, Algonde avoue qu’elle aurait… vu Mélusine, puis elle refuse d’en dire plus. Mais elle semble désormais ailleurs.

Que se passe-t-il autour de cette jeune fille dont la beauté éclate un peu plus chaque jour ? Quel serment a-t-elle prêté à la fée en échange de sa vie ? Contrainte au silence pour protéger l’homme qu’elle aime, Algonde va tenter de déjouer le piège mis en place bien avant sa naissance. Son amour pour Mathieu, son amitié complice avec la jeune baronne, Hélène de Sassenage, lui donnent l’envie de vivre et de vaincre . Saura-t-elle affronter, seule ou presque, les puissances maléfiques qui ont imaginé pour elle un destin qu’elle rejette de toutes ses forces ?

Mon avis
 : Nouvelle saga de Mireille Calmel, ce premier tome pose les fondations d’un roman d’aventure médiéval teinté de féerie. Le récit se déroule sous le règne de Louis XI dont la fin est proche. Algonde, héroïne passionnée et attachante, se retrouve prisonnière d’un destin cruel et dont Mélusine, la fée serpent, n’est pas étrangère. En ces temps anciens, la populace est pétrie de croyances et la légende de cet être légendaire est dans tout les esprits. C’est avec un grand intérêt que le lecteur en découvre l’histoire. La sorcellerie y est aussi évoquée.

Une palette de personnages se dessine autour de la jeune Algonde. Chevaliers, nobles dames, serviteurs et sorcières… Et bien sûr, nous retrouvons l’amour - sujet de prédilection de l’auteur - ou plutôt les histoires d’amours qui ici se croisent et se révèlent assez tourmentées. L’écriture oscille entre simplicité et vocabulaire médiéval ce qui trouble - souvent à mon goût -  la lecture. Une fois la dernière page tournée, le mystère reste entier et donne au lecteur l’envie de lire la suite qui justement est sortie, non par magie, le 28 août dernier.

Autres livres de l'auteur : Le bal des louves ; Le lit d'Aliénor  

Ma note :

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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 11:16
Le Complot des SarmatesEd. Le Masque - Collection Labyrinthes - Fév. 2008 - 185 pages

Présentation de l’éditeur : "Le complot des Sarmates" : Aquae Sextiae, en l’an 17 ap. J.-C., le gladiateur Beryllus recherche la jolie Sabina qui a disparu dans Colonia Julia. La richissime et énigmatique Mesie Divina ne serait pas étrangère à l’affaire et pourrait même être à la tête d’un complot qui cherche à provoquer un soulèvement en Germanie du Sud contre le gouverneur Germanicus…

"La Tarasque"
: 15 ans après Le complot des Sarmates, Beryllus est devenu centurion et a épousé Sabina. Ils se sont établis à Massilia où Judith, arrivant de Galilée, est sur les traces de Marthe, une amie de son père. Sa quête lui fera remonter le Rhône où sévit depuis quelque temps un monstre terrible qui dévore les voyageurs. Beryllus sera dépêché le long du fleuve pour traquer et tuer cette bête sauvage…

 

Mon avis : Jean d’Aillon réunit dans ce livre 2 nouvelles "Le complot des Sarmates" et "La tarasque" se déroulant à quinze ans d’intervalle. La lecture d’ « Attentat à Aquae Sextiae » est tout de même conseillée auparavant car nous y retrouvons quelques protagonistes et certains évènements y sont rappelés. Le lecteur se retrouve un fois de plus plongé au cœur d’Aix en Provence, l’ancienne Colonia Julia pour les romains au premier siècle de notre ère. L’auteur s’intéresse de près à l’archéologie de la ville et à son architecture, nous invitant du même coup à visiter le musée Granet (à Aix en Pce) où quelques découvertes y sont exposées. L’intrigue est toujours aussi riche de rebondissements et moult péripéties où se jouent de sombres complots. Pas de doute, Jean d’Aillon est un fin conteur faisant revivre pour quelques heures de lecture une période de notre histoire Gallo-romaine.

Ma note
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                                                                 Sir Lawrence Alma-Tadema (1836-1912)
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"Le Trône de Fer"
George R.R. Martin

 

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