" La liseuse " de Fragonard

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Dimanche 13 mai 2007

Lu le 21 février 2007

 

  L'évangile selon Satan - Patrick Graham   coeur-chouette.gif


Présentation de l'éditeur
: 2006, Hattiesburg, dans le Maine. Rachel, l'assistante du shérif du comté, enquête sur la disparition de quatre jeunes serveuses. Elle disparaît à son tour. Marie Parks, profileuse au FBI qui possède des dons de médium et s'est spécialisée dans la traque des cross-killers - les tueurs en série qui voyagent -, est chargée d'enquêter sur la disparition de Rachel. Elle retrouve son corps torturé et la dépouille des quatre disparues crucifiées dans une crypte. Le tueur, abattu par le FBI, est un moine qui porte les signes du Diable. Quelques jours plus tard, au Vatican, le cardinal Oscar Camano, patron de la congrégation des Miracles, apprend que les quatre jeunes femmes assassinées sont les religieuses qu'il avait envoyées aux Etats-Unis pour enquêter sur la vague de meurtres qui frappent l'ordre des Recluses, un ordre très ancien, chargé depuis le Moyen Age de protéger et d'étudier les manuscrits interdits de la chrétienté. Il confie au meilleur de ses exorcistes, le père jésuite Carzo, le soin de retrouver la trace de cet évangile que l'Eglise a perdu six siècles plus tôt... Avec L'évangile selon Satan, Patrick Graham fait une entrée spectaculaire dans le club des grands écrivains de thrillers.
 
Mon avis : En lisant le résumé du livre, j’avais déjà eu un coup de cœur pour l’histoire. Eh bien je ne suis pas déçue du voyage. L’auteur maîtrise avec brio son histoire et l’écriture est rythmée, fluide et l’ambiance inquiétante qui s’en dégage est parfaitement rendue. Ce thriller est très visuel. C’est un récit sombre de bout en bout mais où la flamme de l’espoir ne s’éteint jamais malgré les évènements terrifiants qui en jalonnent le livre. Nous sommes dès le début, transportés au Moyen Âge en 1348 au temps de la grande peste noire où des recluses en charge de conserver des livres interdits dont un des plus maléfiques, sont massacrées une à une. Puis nous revenons de nos jours où des meurtres étranges se multiplient. Le Vatican et le FBI vont se lancer dans une course contre la montre à la poursuite d’un tueur en série qui n’a qu’un but, retrouver l’évangile de Satan. Derrière ces crimes, se cache une organisation sataniste des plus puissante et dangereuse. Frissons, suspense, rebondissements sont au programme dans cette enquête haletante. La chute finale nous laisse le choix de la suite.
 
Ma note :
 
Les premières lignes :


11 février 1348, couvent-forteresse de Bolzano, au nord de l'Italie.

L'air s'amenuisant dans le réduit où elle achève de se consumer, la grosse chandelle de cire faiblit. Elle ne va pas tarder à s'éteindre, et dégage une écoeurante odeur de suif et de corde chaude.
Épuisée par le message qu'elle vient de graver dans la paroi à l'aide d'un clou de charpentier, la vieille religieuse emmurée le relit une dernière fois, la pulpe de ses doigts effleurant les encoches là où ses yeux fatigués ne parviennent plus à les distinguer. Puis, lorsqu'elle est certaine que ces lignes ont été gravées assez profondément, elle vérifie d'une main tremblante la solidité de la cloison qui la retient prisonnière. Un mur de briques dont l'épaisseur l'isole du monde et l'étouffé lentement.
L'exiguïté de sa tombe lui interdit de s'accroupir ou de se tenir droite, et cela fait des heures que la vieille femme se tord le dos dans ce réduit. Le supplice de l'emmurement. Elle se souvient d'avoir lu de nombreux manuscrits rapportant les souffrances de ces condamnés que les tribunaux de la Très Sainte Inquisition emprisonnaient dans la pierre après leur avoir arraché des aveux. Des avorteuses, des sorcières et des âmes mortes auxquelles les pinces et les tisons faisaient avouer les mille noms du Diable.
Elle se rappelle surtout un parchemin qui relatait au siècle dernier la prise du monastère de Servio par les troupes du pape Innocent IV. Ce jour-là, neuf cents chevaliers avaient encerclé ces murailles où l'on disait que, possédés par les forces du Mal, les moines faisaient dire des messes noires au cours desquelles ils éventraient des femmes pleines pour dévorer leur progéniture. Derrière cette armée, dont l'avant-garde tordait la herse à coups de bélier, des chariots et des carrosses abritaient les trois juges de l'Inquisition et leurs notaires, les bourreaux assermentés et leur attirail de mort. La porte abattue, on avait retrouvé les moines agenouillés dans la chapelle. Ayant inspecté cette assemblée silencieuse et puante, les soudards du pape avaient égorgé les plus faibles, les sourds, les muets, les difformes et les imbéciles, puis ils avaient emporté les autres dans les soubassements de la forteresse, où ils les avaient torturés nuit et jour pendant une semaine. Une semaine de hurlements et de larmes
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Par La liseuse - Publié dans : Genre Polars-Thrillers
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