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Le Blog Littéraire

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" La liseuse " de Fragonard

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Avertissement au lecteur qui se risque en ces lieux !
Bienvenue sur mon blog entièrement dédié à l'une de mes passions, les livres. C’est une façon pour moi de garder une trace de mes lectures mais aussi de les partager avec d’autres passionnés et d’échanger des impressions et avis que je souhaite constructifs. 
Bien sûr, mes avis sont personnels et n'engagent que moi.
Bonne balade chez Laetitia la liseuse.

26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 18:10

  

Darling-Jim-copie-1.jpgEditions du Serpent à Plumes - Polar -  Mai 2009 - 352 pages

 

Castlebownbere - Irlande - « Il n’y a pas si longtemps ». Lorsqu'on retrouve Moira Hegarty et ses deux nièces, Fiona et Róisín, assassinées sauvagement, les habitants sont sous le choc. Ces meurtres demeurent un mystère jusqu'au jour où Niall, le jeune postier du village, récupère une enveloppe contenant le journal intime de Fiona. C'est en lisant son histoire qu'il découvre l'existence de Jim Quick : un seanchaí, conteur de légendes irlandaises. Il comprend vite que Jim, au charme vénéneux, sème la mort sur sa route.

 

Mais y aurait-il un lien entre son passage dans les villes et la disparition de jeunes filles ? Quel est cet homme-loup dont il narre les méfaits, le soir, dans les pubs enfumés ?

 

Thriller sensuel aux accents gothiques, Darling Jim emmène le lecteur aux confins du fantastique dans un récit haletant.

 

J’ai choisi ce livre parmi toutes mes lectures pour revenir dans la blogosphère. Darling Jim est l’un de mes derniers coups de cœur. Un roman sulfureux doublé d’une légende irlandaise ensorcelante. Evoluant entre l’enquête minutieuse de Niall et les journaux intimes des sœurs Walsh, ce polar vénéneux livre une intrigue bien ficelée, une écriture très visuelle voire même scénaristique, une galerie de portraits colorés, qui au fil des pages nous charment ou nous insupportent. Christian Mork, inspiré d’un fait divers survenu dans la région de Dublin, dépeint une Irlande authentique faite à la fois de tradition et de modernité. C’est dans les pubs enfumés de la verte Irlande que se raconte la légende de Euan, l’homme-loup conté avec verve par le mystérieux et non moins séduisant Jim. La construction de ce récit est à noter : l’histoire dans l’histoire, les points de vue multiples, la narration à plusieurs voix sont autant de difficultés que l’auteur parvient à maîtriser. Bref, ce dernier balade le lecteur vers une fin aisément et tristement devinée mais le charme persiste bien après la dernière page tournée. « Nous sommes déjà mortes. Lisez cette histoire en souvenir de nous. » Longtemps après, les voix de Fiona, Rόisín et Aoife nous tourmentent encore.

 

Vous trouverez ce livre en édition poche chez Pocket. Bonne lecture !

 

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 09:03

Vous qui avez plongé avec frissons dans les trois volets de La trilogie du mal (Pocket) et en êtes ressortis à peu près  indemnes, vous aurez sans doute envie de retrouver deux des personnages de In ténébris et de Maléfices. Souvenez-vous de l’officier de police Jack Thayer et de sa partenaire Annabel O’Donnel. Le compagnon de cette dernière, Brady, avait mystérieusement disparu un an plus tôt.  Dans le post-scriptum de Maléfices, Maxime Chattam écrivait : "Je sais que beaucoup d’entre vous auraient voulu savoir ce qu’est devenu le mari d’Annabel… Vous l’apprendrez un jour dans une autre histoire bien différente […]". Eh bien l’heure est venue de découvrir le récit de sa disparition dans La promesse des ténèbres, un titre à la hauteur de ses ambitions. Et pour ceux qui n’auraient pas encore lu La trilogie du mal, ce roman que je vous présente ce jour peut se lire indivuellement mais c’est à vos risques et périls !


Editions Albin Michel - Thriller - Mai 2009 - 432 pages
 
Résumé de l'éditeur : New York. Mégapole de tous les possibles. De tous les excès. Où la verticalité des buildings s’oppose à celle de souterrains, toujours plus profonds, peuplés de SDF. Où des hommes se déguisent en vampires pour se repaître de la vie de leur partenaire. Où l’industrie pornographique underground se développe à une inquiétante vitesse. Où l’on vend la mort filmée en direct.
 
Au cœur de ce maelström, le journaliste Brady O’Donnel, dans le sillage de Rubis, femme envoûtante, plonge dans l’enfer. Celui de la Promesse des Ténèbres.
 

Journaliste indépendant, Brady O’Donnel est en quête d’un nouveau sujet. Suite à la suggestion d’un ami, il décide d’interviewer Ruby, une actrice de film X. Mais la rencontre se termine mal et le voilà témoin du suicide de la jeune femme. Profondément secoué par le sort de Ruby, Brady cherche à comprendre ce geste désespéré et s’enfonce bon gré mal gré dans un milieu hyperviolent où l’espoir n’a que peu de place. Là se trouve la Tribu, des êtres démoniaques se repaissant de la douleur de leurs victimes. Ruby serait-elle l’un d’elles ? Au même moment, Annabel, épouse du journaliste est appelée sur les lieux du drame pour enquêter sur cette affaire de suicide. Dans La promesse des ténèbres, Maxime Chattam poursuit son exploration de la noirceur de l’âme humaine.
 
Pour ce faire, l’auteur sonde deux univers particulièrement sombres et pourtant bien réels : celui de la pornographie underground et celui des souterrains de la Grosse Pomme habités par le Peuple-Taupe (clochards et marginaux à qui il dédie ce roman). Après une longue enquête faite sur le terrain, il dévoile un envers du décor autrement tabou dans notre société dite moderne et cependant si peu encline à avouer ses travers. New-York est ainsi dissiquée dans tous ses excès, ses maux, ses déviances. Ses entrailles sont mises à nues sous la plumes acérée et sans concession de Maxime Chattam. Bien qu’il dérange par les questions qu’il soulève, ce thriller fournit aussi une véritable réflexion sur le couple et la sexualité. Plus glauque et plus interpellant que jamais, La promesse des ténèbres est une lecture à la fois terrifiante et fascinante, difficile à lâcher tant que l’on ne connaît pas le fin mot de l’histoire et le devenir de Brady, héros rongé par les doutes et le mal dans lequel il évolue. Les âmes sensibles s’abtiendront toutefois !

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 18:49

Noir américainEds Thierry Magnier - Recueil de nouvelles - Octobre 2008 - 176 p.
 
Présentation de l'éditeur :
Quand le rêve américain tourne au cauchemar, c’est tout le monde moderne qui vacille. En dix nouvelles à suspense, passant du pur thriller au polar psychologique, ce recueil coup de poing trace un portrait au vitriol d’une Amérique qui part en roues libres. Tueurs à la recherche de la rédemption, policiers en déroute, enfants victimes ou bourreaux, Monsieur tout le monde en quête du sens de la vie dans la violence… Noir américain est, comme son titre l’indique, un recueil de récits noirs, très noirs, qui feront date en littérature policière pour la jeunesse.
 
 
Le sommaire :
 
1. Jenny et Grapp le monstre
2. La chute du monde moderne
3. Faire boire le désert
4. Voix nocturnes
5. L'exquise beauté des cafards
6. J'aurais voulu être du FBI
7. Le Grand Méchant Loup
8. Le sabre de Shiloh
9. Démons et revenants
10. Loin à l'intérieur, là où moi seul peux aller
 

Ce recueil de nouvelles rassemble 10 récits plongeant au cœur de la culture américaine et de ses dérives. Ici le beau rêve américain laisse place à une violence comme on la rencontre fréquemment dans les séries télé. Psychiatre de profession, Armand Cabasson en profite pour explorer les moult travers de l’âme humaine. Comment un citoyen lambda peut-il évoluer au point de devenir violent ou de vouloir se faire justice lui-même ? Dans ces pages, le mal se rencontre à chaque coin de rue : en milieu rural comme dans les grands centres urbains. Le lecteur y croisera une galerie de personnages divers et variés, monstrueux mais fascinants.

  
Dans Jenny et Grapp le monstre, une petite fille dessine un monstre censé la protéger de quelques dangers dans le New Jersey. La chute du monde moderne évoque la vie d’un employé harcelé par son boss et qui se voit peu à peu perdre pied jusqu’au jour où un événement dramatique réveille en lui un nouvel être. Faire boire le désert n’est rien de plus qu’une expression de taulards mais quand plusieurs incidents se produisent, cette expression peut prendre une toute autre signification. Se venger, voilà le plan de Will dans Voix nocturnes. C’est au cours de ce long périple qu’une rencontre - disons virtuelle - va venir enrayer la machine. Une libération providentielle après 7 années de souffrances. Ainsi va le recueil : de la soif de vengeance, au besoin de faire du mal à autrui, en passant par le souhait d’expier ses fautes à tout prix. Bien que très condensé, Noir américain est une saisissante mosaïque de nouvelles cohérentes et éloquentes.
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 17:35

Vous l’avez peut-être remarqué mais à force de remettre l’écriture de chroniques au lendemain - un bon mois pour être exact -, on en devient presque paresseux. Alors quand le blog-it express annonce 3 billets à venir, on se met un coup de pied au derrière afin de s’y mettre pour de bon. Et c’est comme faire du vélo. Ça ne s'oublie pas. C’est juste un peu plus long à revenir surtout quand les souvenirs d’une lecture s’estompent dangereusement. Bref une lecture sympa mais qui s’oublie un peu trop vite à mon goût.



Que savez-vous des morts ?
Editions Pocket - Policier - Mars 2009 - 288 pages
 
Présentation de l'éditeur : Il l’avait senti en la voyant courir : elle contenait tout l’enfer en elle. Et n’attendait que lui pour faire déferler sur le monde des démons oubliés… Lui-même, ancien flic, âme errante, ayant tout perdu à commencer par sa femme et ses enfants, n’espère plus rien du ciel. C’est sans émotion qu’il obéit aux ordres de Polder, avocat louche qui a été l’amant de son épouse. Les basses besognes sont son quotidien. Aussi kidnapper cette jeune fille, en plein jogging au bois de Boulogne, n’a-t-il rien d’exceptionnel. Mais les plans de Polder sont impénétrables : sitôt la demoiselle soustraite aux milieux troubles où elle évolue, la situation s’emballe. Mafia russe, guerre de Tchétchénie, passé inavouable des services de renseignements français : dans ce gigantesque bourbier, personne n’est à l’abri, pas même sa propre famille. La boîte de Pandore est ouverte, et ne pourra se refermer que dans le sang…
 
Ancien flic, le narrateur travaille depuis sa sortie de prison pour un avocat plutôt douteux, Polder. Etrange coup du sort, ce dernier qui l’a fait sortir de taule, n’est autre que l’amant de sa femme et la cause de son emprisonnement. Le boulot que lui confie l’avocat est dangereux mais que ne ferait-il pas pour se rapprocher de ses enfants dont il a perdu la garde. Sa vie bascule quand il enlève Lorraine, maîtresse d’un mafieux russe. Pourtant habitué à la violence urbaine, il n’imaginait pas qu’une autre guerre se jouait en haut lieu, menée par les services secrets, la politique ou encore la finance internationale. Une course contre la montre commence pour lui car ses enfants sont aussi menacés.

  

Entre brutalité et poésie, il est clair qu’Alain Claret a une écriture bien à lui. Une quête incessante de la beauté dans chaque description, chaque sentiment, presque jusqu’à l’obsession. Tel un fil rouge qui angoisse le narrateur, l’automne déploie sa parure sang et or au fil des pages. C’est beau ! oui… mais dans un polar, et ce de façon continue, cela devient un brin indigeste. Malgré tout, l’intrigue est bien construite et s’appuie en partie sur la mythologie romaine en faisant intervenir les furies, figures féminines persécutrices. Dans cette sombre histoire, la violence est devenue un fait banal, même pour notre héros qui en fait bien peu de cas. Un roman original de par son style mais qui peut se révéler à double tranchant !

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 10:49

L'enfant des cimetièresEditions Le Pré aux Clercs - Thriller gothique - Mars 2009 - 427 pages
 
Présentation de l'éditeur :
Lorque sa collègue Aurore l'appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d'une folie hallucinatoire vient de tuer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort. Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d'un hôpital et tue Kristel, la compagne de David. Mais qui est à l'origine de cette épidémie meurtrière ? Est-ce un homme ou un démon ? Le journaliste, qui n'a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l'enfant des cimetières, jusqu'aux confins de l'inimaginable...

 
Quelques lignes
 : "Il était une heure et quart du matin, pourtant la nuit était illuminée par les pulsations bleues des gyrophares. David Ormeval gara sa Clio à l’angle de la rue des Arcs et du cimetière Terre-Blanque. Il connaissait peu cette zone : un quartier résidentiel modeste, situé en périphérie de la ville, et qui sentait déjà la campagne. Les villas aux balcons en fer forgés côtoyaient de petits jardins bien entretenus, tout autour du cimetière."

 
Second roman de Sire Cédric, L’enfant des cimetières est un thriller percutant, dans la veine gothique qu’il affectionne tant. Bien que restant fidèle au genre fantastique, l’auteur se permet d’enrichir son récit d’une enquête policière et ce avec succès. De plus, il choisit de mener son intrigue sur quelques jours seulement ce qui confère au roman un rythme d’enfer. Les rebondissements se succèdent et plongent le lecteur au cœur d’une légende urbaine qui dépassent de loin les protagonistes. David Ormeval et l’inspecteur Vauvert vont devoir réviser leurs croyances. Mais l’heure n’est plus aux tergiversations.
 

Les meurtres se multiplient, toujours plus violents. L’enfant des cimetières ne s’embarrase d’aucun interdit. Redoutable dans ses descriptions, Sire Cédric ne fait pas dans la dentelle et réveille ainsi les peurs les plus primitives avec des scènes particulièrement éprouvantes. Le sang n’en finit pas de couler sous sa plume affûtée, résolument évocatrice. Et au milieu de ce déferlement d’horreur, le romantisme affleure sous la forme d’une histoire d’amour que même la mort ne peut altérer. Une histoire à glacer le sang !

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 12:50

Duel en enfer : Sherlock Holmes contre Jack l'EventreurEditions du Rocher - Polar - Novembre 2008 - 352 pages
 
Présentation de l'éditeur : Londres, été 1888. Sous une chaleur suffocante, la ville est saisie d’horreur par les premiers meurtres de celui qu’on surnommera bientôt « Jack l’Éventreur ». Mais que fait donc à cette époque le célèbre Sherlock Holmes ? Pourquoi aucune de ses enquêtes ne mentionne-t-elle la plus fameuse affaire criminelle qu’ait connue l’Angleterre de son temps ? C’est ce que va découvrir Georges Newnes, l’éditeur du docteur Watson, lorsque ce dernier, bien des années plus tard, lui confie le journal de l’enquête qu’il mena aux côtés de Holmes sur l’insaisissable tueur en série… Une terrible plongée dans les bas-fonds de Londres et une confrontation haletante entre deux figures légendaires de la littérature populaire.
 

Après avoir mis en scène le plus célèbre des détectives en publiant Le testament de Sherlock Holmes en 2005, Bob Garcia récidive une nouvelle fois avec Duel en enfer, Sherlock Holmes contre Jack l'éventreur. L’année 2009 est bien choisie puisqu’elle marque le 150e anniversaire de la naissance de l’écrivain écossais Sir Arthur Conan Doyle.
 
L’éditeur Georges Newnes aimerait bien publier de nouvelles aventures de Sherlock Holmes mais depuis le décès de ce dernier, le docteur Watson n’a plus le goût d’écrire. La venue de la présidente d’un club de lectrices dans les locaux du Strand Magazine va tout remettre en question. Un marché est conclu. Watson remet entre les mains de l’éditeur son journal intime relatant une enquête inédite allant de la période d’août à décembre 1888. Epoque où justement, d’horribles meurtres sont commis par un certains Jack l’éventreur. Commence alors pour le lecteur un voyage dans le Londres de la fin du XIXe siècle du célèbre 221b Baker Street au sinistre quartier de Whitechapel.
 
Bob Garcia restitue un climat d’angoisse facilement imaginable à l’époque des meurtres. Les rues mal éclairées où les ombres se perdent dans le fog londonien. La misère, la saleté et la criminalité rongent frénétiquement les bas-fonds de l’East End. Le suspense bien que long à démarrer s’accroît au fil des pages pour ne plus nous lâcher. Dès l’ouverture du journal de Watson, les rebondissements s’enchaînent et la lecture devient palpitante. L’histoire n’est pas dénuée d’humour noire non plus, entre le cynisme du Dr Watson et les épisodes follement farfelus se déroulant à l’hôpital de Bedlam, le lecteur est servi. Malgré un dénouement qui semble peu crédible et une forte impression de déjà-vu, ce récit qui allie roman noir, énigme et chronique sociale se lit avec un grand intérêt.
 
Retrouvez l'avis de Dasola                              undefined

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 13:02

Chiens de sangEditions Fleuve Noir - Thriller - Novembre 2008 - 294 pages
 

Présentation de l’éditeur : Courir, toujours plus vite. Plus loin. Fuir la mort qui plane au-dessus d’eux ; oiseau de proie aux ailes gigantesques dont l’ombre les dévore déjà. Diane a choisi la fuite. D’instinct. Elle sait qu’ils sont derrière. Juste derrière. Avance minime, infime. Comme son espérance de vie, désormais. Pourtant, elle marche. Pourtant, elle veut vivre. Rémy avance. Avec le poids de la peur qui comprime son cœur. Le poids de la fatigue, comme un boulet enchaîné à ses jambes. Il devrait être ailleurs, en ce moment même. En compagnie de sa femme et de sa fille. Mais non, il est là, errant dans ces bois inhospitaliers, avec ces inconnus qui fuient comme lui. Il est devenu une proie. Rien qu’une proie. Il n’existe plus. Déjà mort. Alors, pourquoi a-t-il aussi peur ? Le monde est ainsi fait, qui ne changera jamais. Les chasseurs d’un côté, les proies de l’autre.
 

Après avoir publié trois romans et reçu trois prix - le prix SNCF du polar français 2008 et le prix Intramuros 2008 pour Les morsures de l’ombre, le prix Marseillais du polar 2005 pour Terminus Elicius -, Karine Giebel entraîne le lecteur dans Chiens de sang à une chasse meurtrière, un traque sans pitié dont le gibier ressemble fort au chasseur. Dans son nouveau roman,  l’auteure écrit deux récits, deux histoires parallèles ou plutôt deux traques. Celle de Rémy, un SDF croisant la route d’un lord et celle de Diane, une photographe rencontrant des chasseurs. Et pourtant rien ne présageait ce qui allait suivre. Au mauvais endroit, au mauvais moment. Le destin va les placer sur le chemin d’individus malveillants et peu scrupuleux. Devenus des proies, ils fuient à travers bois, la peur au ventre, leur instinct de survie les poussant toujours plus loin... Jusqu’au dernier souffle ?
 

Bien que le thème de la chasse à l’homme paraisse classique, la façon dont il est traité est originale. Les chapitres alternent à un rythme infernal deux destins, deux vies pourtant si proches par le désir de vivre mais tout autant éloignées par la distance et les circonstances. C’est aussi l’occasion pour Karine Giebel d’évoquer des sujets d’actualité tels que l’exclusion, les différences sociales ou encore la solidarité. Les phrases comme les chapitres sont concis comme pressés par la densité des scènes. Le suspense s’accroît au fil des pages qui défilent au même rythme que les fuyards. Le climat de tension permanente est exacerbé par ce tombeau végétal qu’est la forêt. En moins de 300 pages, difficile d’aller en profondeur dans la psychologie des personnages et pourtant ces derniers livrent par bribes leurs pensées, leurs regrets, leurs souvenirs et cela suffit à les rendre sympathiques ou cruels. Chiens de sang offre une lecture qui se veut rapide mais percutante.


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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 17:00

L'héritier des abîmesEditions Plon - Thriller - 336 pages - Janvier 2009
 
Présentation de l'éditeur :
Liliana Caine, spécialiste des biographies de psychopathes est engagée par un éditeur new-yorkais pour rédiger les mémoires de Morton Savannah, un auteur populaire dont les romans d’aventure — ayant pour cadre l’Atlantide — sont considérés par ses fans, comme prophétiques. Au fil des années, Savannah est devenu pour ses lecteurs un second Nostradamus et se trouve auréolé d’un prestige qui fait de lui le chef spirituel d’une religion occulte dont les ramifications ne cessent de s’étendre et comptent désormais des personnalités du monde politique.
 
Pour rédiger le livre souhaité, Liliana va devoir vivre cloîtrée dans la propriété de l’auteur pour une durée indéterminée, sans aucun contact avec l’extérieur et sous la surveillance de fanatiques prêts à tout pour défendre leur idole. C’est l’occasion pour elle de découvrir une communauté vivant en marge des lois, selon des préceptes barbares, et pour laquelle les clefs du futur se cachent entre les lignes de romans censés délivrer des messages cryptés rédigés par le dernier survivant de l’Atlantide ! Que cache cette mascarade ? Peut-être des secrets angoissants dont la révélation pourrait déclencher des troubles à l’échelle mondiale.
 
Quelques lignes : Elle éprouva un début de panique en les voyant touner les talons, puis se reprit. le climat de la maison, il est vrai, n'avait rien de sécurisant. les salles vides succédaient aux salles vides. plus elle avançait, plus l'odeur d'eau croupie et de moisissure s'amplifiait. Elle déboucha enfin dans une vaste bibliothèque dont les rayonnages vides s'élevaient jusqu'au plafond. Une seule étagère était occupée par les quatre-vingt petits volumes de la saga, dont les couvertures bariolées, très "bas de gamme", juraient dans un tel décor.

 

Serge Brussolo n’en finit pas d’explorer les mondes de l’étrange et se permet, dans L’héritier des abîmes, une folle plongée dans les mystères de l’Atlantide, antique cité engloutie. Son héroïne, Lilie Caine décide - malgré quelques réserves toutes justifiées - d’écrire la biographie de Morton Savannah, un auteur adulé à l’extrême par des millions de lecteurs dans le monde. Pour satisfaire cet homme excentrique, la jeune femme part s'installer, le temps d'écrire ses mémoires, dans son immense domaine où vit en autarcie une communauté aux mœurs… atlantes.
 
Comme dans la plupart de ses écrits, Serge Brussolo entraîne ses lecteurs dans la démesure via une imagination foisonnante, souvent débridée et une écriture énergique qui enchaîne les rebondissements.  Malgré le côté absurde de nombreuses scènes, ce thriller se lit sans déplaisir. Cela commence par de folles reconsitutions d’épisodes des romans de Morton Savannah et cela continue sur les terres de ce dernier. Un véritable huis-clos où de parfaits illuminés se prennent pour des atlantes, rejetant toute technologie et autres babioles pourtant bien utiles comme un simple stylo ou encore une feuille de papier. Liliana n’est pas au bout de ses peines. A n’en pas douter, les fans de Serge Brussolo retrouveront avec plaisir les thèmes - Folie, noirceur, isolement - qui ont fait le succès de l’auteur. Pour les autres, il est temps de le découvrir.


"C'est le premier volume d'une série dont le tome 2 devrait sortir pour l'été." 
Source Khimaira magazine 2008.

Livres de l'auteur chroniqués sur le blog :
- Hurlemort - Folio
- La jeune fille de la nuit - Le Livre de poche
- L'héritier des abîmes - Plon

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 13:50

L'ange noirEditions Pocket - Thriller - Tome V - Septembre 2008 - 608 pages
 
Présentation de l'éditeur : Charlie Parker, ex-flic devenu détective privé, est un homme de cœur. Et quand Louis, l’ami de toujours, apprend la disparition de sa cousine, c’est sans hésitation qu’il s’engage à ses côtés. Qui, sinon eux, pourrait s’intéresser au sort d’une prostituée noire, toxicomane de surcroît ?
 
À Portland, personne ne s’émeut non plus de cette étrange rumeur : la nuit rôde un mystérieux 4X4 au volant duquel on aperçoit un homme obèse, flanqué d’un acolyte à la gâchette facile. Si Charlie Parker ne les connaît pas encore, eux le connaissent depuis longtemps…
 
Quelques lignes : "Les anges rebelles tombaient, festonnés de feu. Ils dégringolaient dans le vide, aussi maudits que l’est un aveugle de fraîche date car, de même que l’obscurité est plus terrible pour ceux qui ont connu la lumière, l’absence de grâce est ressentie plus intensément par ceux qui ont autrefois vécu dans sa chaleur. Ils hurlaient dans leurs tourments, et les flammes qui les dévoraient éclairaient pour la première fois les ténèbres. Ceux d’entre eux qui churent le plus bas se tapirent dans les profondeurs et s’y créèrent un monde où habiter."

 
Mon avis : L’irlandais John Connolly donne, d’entrée de jeu, le ton de ce thriller aux accents mystiques. Le 5ème volet des aventures de Charlie Parker s’ouvre sur un prologue vertigineux. Du ciel tombent des anges en feu. C’était il y a longtemps. De nos jours, le détective Parker doit combattre les forces du mal pour retrouver Alice, une jeune prostituée toxicomane. Malgré la promesse qu’il a faite à sa nouvelle compagne de se tenir éloigné des enquêtes les plus dangereuses,  il décide par amitié pour Louis - ou pour son salut - de s’occuper de cette disparition sans se douter que cette histoire le mènera des quartiers malfamés de la Grosse Pomme, jusqu'en en Europe centrale en passant par le Mexique. Charlie remonte la piste d’un sculpteur d’os lié à une mystérieuse secte, elle-même, à la recherche de l’ange noir. Sera-t-il assez fort pour affronter une armée d’hommes se faisant appeler les Croyants et déterminée à retrouver un ancien mythe ?
 

Esotérisme, meurtres rituels et objets d’art obscurs… Le surnaturel s’invite dans ce roman à l’atmosphère très noire. L’auteur s’est penché sur le sujet avec un remarquable travail de documentation notamment sur l’histoire entourant l’ossuaire de Sedlec en République Tchèque. L’intrigue est particulèrement bien menée et tient le lecteur en haleine malgré le nombre quelque peu excessif et pertubant de protagonistes. John Connolly brosse une galerie de personnages vraiment fascinante. Les gentils ne le sont pas tant que ça et les méchants feraient passer le Diable en personne pour une fillette. Quant au héros, il vogue en permanence entre deux rives. Le bien et le mal. La paix et la violence. Le bonheur d’avoir retrouvé l’amour et l’attrait néfaste pour les situations à risque. Loin du redresseur de tords, Parker sort bien souvent de la légalité pour découvrir la vérité et ne craint pas d’utiliser la violence pour parvenir à ses fins. Le héros de Connolly n’a pas fini d’en découdre puisque deux tomes le mettent à nouveau en scène. A ne pas louper !
 

Merci à Babelio et aux éditions Pocket ! Nul doute que je vais me précipiter sur les suites.
 
Les titres de la série :
1. Tout ce qui meurt - Pocket 2004
2. Laissez toute espérance - Pocket 2004
3. Le baiser de Caïn - Pocket 2004
4. Le pouvoir des ténèbres - Pocket 2005
5. L'ange noir - Pocket 2008   
6. La proie des ombres - à paraître chez Pocket
7. Les anges de la nuit - à paraître chez Les presses de la cité

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 19:09

Délivrez-nous du mal

Editions XO - Thriller médiéval - Août 2008 - 384 pages

 
Présentation de l’éditeur : Entre Bien et Mal, science et superstition, simulacres et vrais miracles, un roman fort et sombre dans un Moyen Age fascinant. Hiver 1288. Dans une paroisse isolée du Quercy, une troupe d’hommes en noir s’empare d’un enfant. Refusant d’admettre que le petit est perdu, le prêtre du village, le père Aba, se lance rageusement à la poursuite de ses ravisseurs.

 
Au même moment, à Rome, l’éminent enquêteur Bénédict Gui accepte une nouvelle mission : retrouver un jeune homme employé par l’administration du pape. Lui aussi a disparu sans laisser de traces, emmené par des hommes en noir. Enfants enlevés, archives escamotées, cardinaux assassinés... Dans ce Moyen Age où le pouvoir de l’Église est plus fort que jamais, quelque chose se prépare. Le père Aba et Bénédict Gui, sans se connaître et au prix de leur vie peut-être, parviendront-ils à faire échouer les puissants qui ont sombré dans le cynisme et la démesure ?

 
Quelques lignes :
 "Le village de Cantimpré était situé sur le plateau de Gramat, dans le Quercy ; il ne comptait qu’une vingtaine de toits anciens entourés d’arbres chenus et de pâturages d’altitude, dominant un défilé étroit. Cela faisait huit ans que le père Aba y exerçait son ministère, venu à pied de Paris (la "nouvelle Babylone" honnie par les gens d’ici) où il suivait les cours de philosophie de la petite Sorbonne. De son plein gré, il avait renoncé aux études pour embrasser la responsabilité d’un petit peuple fruste, à la simplicité laborieuse, difficile à émouvoir, craignant Dieu pour Dieu-même et non pour ses représentants."

 

 Délivrez-nous du mal fait suite - tout en étant autonome - au premier roman de Romain Sardou, Pardonnez nos offenses. Passionné par le moyen-âge et plus particulièrement par le XIIIe siècle, l’auteur a le projet d’écrire dans la même lignée, une série de neuf romans ayant pour titre et thème, l’une des phrases du Notre Père. Et pour souligner un climat chargé de mysticisme et d’hérésie, le roman s’offre une couverture de circonstance avec Le jugement dernier de Jérôme Bosch. S’appuyant sur les écrits de moult médiévistes, Romain Sardou emploie un vocabulaire d’époque tout en gardant une écriture simple, ce qui en fait un bon outil de vulgarisation concernant cette période. Alliant habilement l’aspect historique et la part de romanesque, il pose sa trame dans une période de vacance du Saint-Siège, entre la mort d’Honorius IV et la nomination de Nicolas IV dont le conclave dura 10 mois.

 
C’est dans ce cadre historique d’interrègne papale, pour le moins sensible, que vont se dérouler nombres d’intrigues politico-religieuses avec leur cortège d’assassinats, de tortures et d’enlèvements sur fond de mystification et de véritables miracles. Sans jamais se rencontrer, les deux héros de Délivrez-nous du mal vont poursuivre une même lutte, qui les mènera sur un périple semé d’embûches, de France jusqu’en Italie. Et gare au lecteur inattentif ! il est vite fait de perdre ses repères tant les lieux sont nombreux. Les chapitres alternent les deux enquêtes du prêtre Aba et de Bénédict Gui, apportant ainsi un rythme sans aucun temps mort. Cependant, le roman perd de son attrait du fait du nombre important de coquilles qui pertube trop souvent sa lecture. Bien rythmé, Délivrez-nous du mal a bien des atouts pour satisfaire les amateurs du genre.
 
Les avis de Chris89 et de Melaine.

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Le jugement dernier - Jérôme Bosch (1482)

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